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3 salariés sans-papiers en grève régularisés

NOUVELOBS.COM | 01.05.2008 | 08:33
 
Il s’agit des premiers titres de séjours accordés dans le cadre du mouvement de grève coordonné dans une vingtaine d’entreprises d’Ile-de-France, débuté 19 avril, pour ces employés du café de la Jatte, de Neuilly-sur-Seine.

(c) Reuters

Trois salariés sans-papiers du café de la Jatte à Neuilly-sur-Seine en grève depuis le 19 avril ont reçu leurs récépissés de régularisation, préalables à l’émission d’un titre de séjour, délivrés par la préfecture des Haut-de-Seine, a-t-on appris auprès de la CGT, qui soutient le mouvement.
Les trois salariés avaient rejoint le 19 avril la grève des sans-papiers lancée par la CGT et l’association Droits Devant, quatre jours plus tôt.
Il s’agit des premières régularisations accordées suite au lancement de ce mouvement de grève coordonné dans une vingtaine d’entreprises d’Ile-de-France, a indiqué la CGT.
Le cabinet du préfet n’a pas souhaité confirmer l’information, sans toutefois la démentir. "Les dossiers sont en cours d’examen" a-t-on indiqué.

900 demandes en Ile-de-France

"Pour eux, c’est fait, c’est réglé", s’est réjoui Francine Blanche, secrétaire confédérale de la CGT en charge du dossier.
"Les sept autres salariés (du café de la Jatte) sont convoqués lundi en préfecture, on espère que ce sera bon", a-t-elle ajouté.
Les salariés avaient obtenu lors du dépôt de leurs dossiers en préfecture le 23 avril une autorisation de circuler et de travailler sur le territoire valable jusqu’au 5 mai.
Leur récépissé de régularisation est valable trois mois, le temps pour les autorités de faire fabriquer un titre de séjour de salarié valable un an et renouvelable.
105 dossiers de régularisation ont été déposés à la préfecture des Hauts-de-Seine.
Au total environ 900 demandes de régularisation de salariés sans-papiers ont été déposées dans cinq préfectures d’Ile-de-France (Paris, Essonne, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne).

"Statu-quo" hors des Hauts-de-Seine

Pour Jean-Claude Amara, qui dirige l’association Droits Devant, ces premières régularisations dans les Hauts-de-Seine "doivent entraîner automatiquement, selon un principe d’égalité, la régularisation des dossiers déposés dans les autres préfectures franciliennes concernées".
"Mais, hormis les Hauts-de-Seine on constate plutôt un statu-quo ailleurs, il n’y a pas de décision claire, pas de convocation en préfecture, et surtout une tendance à multiplier les demandes de pièces à fournir (déclarations d’impôts, certificat d’hébergement...) qui n’a pas lieu d’être" a-t-il déploré.
Le ministre de l’Immigration Brice Hortefeux avait annoncé qu’il n’y aurait uniquement des régularisations "au cas par cas", comme le prévoit la loi.
L’article 40 de la loi du 20 novembre 2007 et une circulaire du 7 janvier 2008 offre la possibilité de régularisation sur demande de l’employeur, à condition que le salarié travaille dans un secteur "en tension" (qui subit des difficultés de recrutement) et soit sous contrat ferme d’un an minimum.
Certains syndicats de patrons de la restauration comme le Synhorcat (Syndicat national des hôteliers, restaurateurs, cafetiers et traiteurs) qui regroupe près de 20.000 entreprises, et l’Umih (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie), 80.000 adhérents, se sont clairement prononcés en faveur d’une régularisation des sans-papiers.
Vingt salariés du traiteur US Passion à Colombes (Hauts-de-Seine) ont aussi reçu le 25 avril une autorisation provisoire de séjour avec un permis de travail jusqu’au 8 mai.
Des salariés sans-papiers en grève doivent participer à la manifestation parisienne du 1er mai jeudi.


02/05/2008
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