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Affaire à suivre...

La régularisation de cuisiniers sans papiers ouvre une brèche pour des milliers de clandestins

PARIS, 19 fév 2008 (AFP) - La régularisation de sept cuisiniers sans papiers d'un restaurant de luxe parisien risque d'ouvrir une brèche à des dizaines de milliers de clandestins employés dans des secteurs vitaux de l'économie, estiment les associations qui les ont soutenus.

"La porte était entrouverte, on a dit chiche et on s'est engouffré dans la brèche", a déclaré mardi à l'AFP Francine Blanche, secrétaire confédérale de la CGT qui a soutenu avec Droits Devant les travailleurs sans papiers du restaurant La Grande Armée, appartenant au groupe Costes.

Au terme de plusieurs jours de grève et après la demande de leur régularisation par leur employeur, sept des neuf cuisiniers sans papiers de l'établissement ont obtenu lundi soir de la préfecture de police de Paris des titres de séjour.

Selon Jean-Claude Amara, porte-parole de Droits Devant, sept salariés qui étaient employés depuis plusieurs années dans le restaurant, ont reçu des récépissés de trois mois avec autorisation de travail qui déboucheront sur un titre de séjour avec carte de travail.

Quant aux deux autres sans-papiers, ré-embauchés après le 1er juillet, a précisé Francine Blanche, "il n'a pas été mis fin à leur contrat de travail" et ils devraient également recevoir des titres de séjour dans la semaine.

Tous ont repris le travail mardi matin, après la signature, dans la nuit, d'un protocole d'accord entre la CGT et l'employeur, où celui-ci s'engage à poursuivre les contrats de travail en cours.

"C'est une grande victoire qui ouvre la voie à la régularisation de dizaines de milliers d'autres travailleurs sans papiers", s'est félicité Jean-Claude Amara.

Les cuisiniers, tous africains, ont bénéficié de la circulaire du 7 janvier 2008 qui offre une possibilité de régularisation par le travail pour des salariés en situation irrégulière, à la double condition qu'ils travaillent dans un secteur "tendu" et qu'ils soient en contrat ferme d'au moins un an.

Dans cette circulaire, le ministère de l'Immigration demande en outre aux préfets de montrer une "diligence particulière" si le dossier est signalé par l'employeur lui-même.

Pour couper court à toute tentative de régularisation massive à laquelle le gouvernement est totalement opposé, le texte de la circulaire prend la précaution de préciser que le "dispositif ne couvre qu'un nombre très limité de bénéficiaires".

Forte de ce qu'elle estime "un premier succès", la CGT souhaite l'organisation d'une table ronde avec les ministères du Travail et de l'Immigration ainsi qu'avec les organisations patronales pour "pouvoir régler le cas de dizaines voire de centaines de milliers de travailleurs sans papiers".

Pour Francine Blanche, "on ne peut plus tenir comme ça, dit-elle, avec des textes contradictoires et inapplicables. Le système est en train de craquer", explique-t-elle, faisant valoir qu'"il est trop inefficace économiquement et trop moche socialement puisqu'il ne garantit pas l'égalité de droits".

Interrogé pour savoir combien de travailleurs sans papiers ont déjà bénéficié d'une régularisation au titre de la circulaire du 7 janvier, le ministère de l'Immigration a répondu qu'il s'agissait d'"une application au cas par cas. L'administration centrale n'en tient pas la comptabilité", a-t-on ajouté.

On estime officiellement qu'il y a entre 200 et 400.000 travailleurs en situation irrégulière en France, dont beaucoup sont employés dans des secteurs "en tension" comme la restauration ou le bâtiment.



20/02/2008
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